UN VOYAGE SE SUFFIT A LUI MEME, IL SE PASSE DE MOTIF !

 C’est étrange cette demande faite au voyageur d’être quasiment obligé de se justifier… Est ce que l’on demande à un sédentaire pourquoi ce dernier n’éprouve pas, la curiosité, l’envie, le besoin de découvrir le vaste monde qui l’entoure, non et pourquoi ? Parce qu’il est dans la norme mais si on réfléchit un peu, l’état de nomadisme a été le propre de l’homme pendant plus de trois millions d’années, celui de sédentaire, (du latin sédentarius, de sedere, être assis…) depuis le néolithique, environ 10 000 ans pour le moyen orient (croissant fertile) et à peine 7000 petites année pour nous autres européens du centre.
Je ne sais plus qui disait qu’un voyage se suffit à lui même, il se passe de motif, on croit faire un voyage et c’est le voyage qui nous fait. Cette envie de bouger nous parait tellement aller de soi, ce besoin nous parait tellement essentiel, tellement naturel, que c’est un sujet que l’on aborde même pas en temps que voyageur nomade, je pense que l’on se reconnaît quand on se rencontre, ce n’est pas une question d’age ni de statu social, encore moins d’éducation, j’imagine que c’est inné, je n’arrive même plus à me souvenir si je me suis déjà posé la question un jour, de toutes façons, comme toutes questions métaphysique, aucunes réponses satisfaisante ne peut venir nous éclairer et cela fait longtemps que j’ai arrêté de me poser des questions qui ne servent à rien.
Pour finir une chanson de Brassens et un poème de Boris Vian, un début de piste ?

GEORGE BRASSEN ( Les oiseaus de passsages )

Ô vie heureuse des bourgeois                                            
Qu’avril bourgeonne
Ou que décembre gèle,
Ils sont fiers et contents

Ce pigeon est aimé,
Trois jours par sa pigeonne
Ça lui suffit il sait
Que l’amour n’a qu’un temps

Ce dindon a toujours
Béni sa destinée
Et quand vient le moment
De mourir il faut voir

Cette jeune oie en pleurs
C’est là que je suis née
Je meurs près de ma mère
Et je fais mon devoir

Elle a fait son devoir
C’est a dire que Onques
Elle n’eut de souhait
Impossible elle n’eut

Aucun rêve de lune
Aucun désir de jonque
L’emportant sans rameurs
Sur un fleuve inconnu

Et tous sont ainsi faits
Vivre la même vie
Toujours pour ces gens là
Cela n’est point hideux

Ce canard n’a qu’un bec
Et n’eut jamais envie
Ou de n’en plus avoir
Ou bien d’en avoir deux

Ils n’ont aucun besoin
De baiser sur les lèvres
Et loin des songes vains
Loin des soucis cuisants

Possèdent pour tout cœur
Un viscère sans fièvre
Un coucou régulier
Et garanti dix ans

Ô les gens bien heureux
Tout à coup dans l’espace
Si haut qu’ils semblent aller
Lentement un grand vol

En forme de triangle
Arrivent planent, et passent
Où vont ils? … qui sont-ils ?
Comme ils sont loin du sol

Regardez les passer, eux
Ce sont les sauvages
Ils vont où leur désir
Le veut par dessus monts

Et bois, et mers, et vents
Et loin des esclavages
L’air qu’ils boivent
Ferait éclater vos poumons

Regardez les avant
D’atteindre sa chimère
Plus d’un l’aile rompue
Et du sang plein les yeux

Mourra. Ces pauvres gens
Ont aussi femme et mère
Et savent les aimer
Aussi bien que vous, mieux

Pour choyer cette femme
Et nourrir cette mère
Ils pouvaient devenir
Volailles comme vous

Mais ils sont avant tout
Des fils de la chimère
Des assoiffés d’azur
Des poètes des fous

Regardez les vieux coqs
Jeune Oie édifiante
Rien de vous ne pourra
monter aussi haut qu’eux
(2x)

Et le peu qui viendra
d’eux à vous
C’est leur fiente
Les bourgeois sont troublés
De voir passer les gueux

BORIS VIAN ( Je voudrais pas crever )     

                          

JE VOUDRAIS PAS CREVER
Paroles: Boris Vian

Je voudrais pas crever
Avant d’avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d’argent
Au nid truffé de bulles

Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un côté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre

Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d’égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres

Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu’on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j’en aurai l’étrenne

Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d’algue
Sur le sable ondulé
L’herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L’odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l’Ursula

Je voudrais pas crever
Avant d’avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J’en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux

Je voudrais pas mourir
Sans qu’on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur

Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir z et à entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir

Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s’amène
Avec sa gueule moche
Et qui m’ouvre ses bras
De grenouille bancroche

Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d’avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu’est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d’avoir goûté
La saveur de la mort…

COTONOU, SUR LE CHEMIN DU RETOUR…( Du 20 au 25 Janvier )

Sur la route de Cotonou, je me délecte d’une bière plus que mérité en ce dimanche soir ou les familles viennent prendre le frais dans ce petit parc en bordure d’une ville quelconque dont j’ai une fois de plus oublié le nom… Une bande de copains m’invite à leur table et nous dissertons de la différence entre les moeurs françaises et africaines. L’un deux lors d’un passage en France à été étonné de voir les couples s’embrasser dans la rue et les français (es) fumer autant de cigarettes, il me demande si c’est à cause du froid. (Très peu de fumeurs chez les Béninois et je dois faire attention à ne pas enfumer tout le monde à chaque fois que j’allume un clope !) Entre temps, une serveuse qui elle en tous cas n’a pas froid aux yeux et tourne depuis un petit moment autour de l’un des membres de cette joyeuse confrérie, lui met d’un geste brusque la main à l’entre cuisse et s’en va rejoindre le bar. J’éclate de rire tout en expliquant que dans l’hexagone on s’embrasse peut être en publique, mais que ça c’est un truc qui ne se fait pas, ils protestent en faisant passer cette dernière pour une femme facile…

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Je suis invité à passer la nuit dans la petite famille d’un gendarme que je retrouverai dans la capitale et en compagnie duquel j’aurai le privilège de visiter en voiture l’immense port autonome qui déverse son lot de marchandise sur le Bénin mais aussi bien au delà,  comme au Burkina ou au Niger qui n’ont pas d’accès à la mer.
Arrivé à Cotonou en milieu de journée, je slalome entre la multitude de motos, camions, voitures et autres véhicules, trouve rapidement une piaule dans  un institut catholique du centre ville…
J’aime bien cette ville qui n’a rien d’extraordinaire, mais j’y trouve rapidement mes repères, c’est la fin du voyage, mais avant de m’en retourner vers l’occident, je dois encore trouver un billet d’avion, vendre le vélo, acheter quelques présents pour la famille etc.…
Je tombe par hasard lors de mes nombreuses démarches en plein milieu du plus grand marché de la ville sur les étals les plus étranges qu’il m’ait été donné d’observer dans ma carrière de vagabond… Empilé sur plusieurs dizaines de centimètres, des peaux de léopards, de serpents, de sortes de ragondins écartelé sur des baguettes en bois, corne de zébus, oiseaux desséchés, os et crânes d’animaux en tout genre, gris-gris portes bonheurs ou poupées maléfiques, animaux non identifiés venant de toute l’Afrique et pour la plupart j’imagine protégés, caméléons vivants, bref on se croirait dans un film d’Harry poter…
Les vendeurs un tantinet insistants, voir moitiés agressifs, m’expliquent néanmoins que se sont les marabouts et autres guérisseurs qui viennent s’approvisionner auprès de ces revendeurs !
Je retrouve aussi deux jeunes étudiants rencontrés à Ouida et nous passons la dernière journée à boire des bières au bord de la plage en regardant une bonne centaine de pecheurs relevés un gigantesque filet qu’ils halent à bout de bras sur le sable. Nous sommes rejoins par Maxime, un jeune de 25 ans qui bosse dans l’audio visuel et qui voyage depuis maintenant deux années…

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Je profite de ces derniers instants remplis de sentiments contradictoires, l’envie de rentrer et de retrouver les personnes que j’aime, et le besoin de repartir sans cesse explorer de nouveaux horizons…

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GRAND POPO-ABOMEY (Du 13 au 19 Janvier)

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Une cinquantaine de kilomètres, m’emmène vers le golf du lion, grand Popo, une succession d’auberges s’étalent le long de la route face à la mer dans laquelle personne ne se baignent, à cause des rouleaux, et des courants réputés dangereux, je reste barboté dans une eaux trop chaude qui rafraîchit quelques minutes seulement…
Plus loin je découvre un village de pécheurs qui fut envahi par les eaux à l’époque coloniale, je prends une série de photos des murs décrépis de vieux bâtiments abandonnés par les français à la même époque et tombe sur le gardien, un adepte du vaudou, une tronche cinglé et des yeux ou règne un début de folie…

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Je finis la journée dans un café rasta, une des multiples religions de ce continent… Ambiance décontractée en compagnie d’un couple canado/béninois qui vît en Sierra Léone.
Après une nuit dans une petite case, bercé par le bruit de l’océan, je repars à l’aube afin de rallier Abomey, l’ancienne capitale du royaume du Dahomey qui était aussi le nom du Bénin avant l’indépendance…
Après avoir dégotté une piaule, je rentre dans un cyber et me prend le choux avec le patron, refusant de payer une connexion quasi-inexistante, je sais bien qu’ils ne sont pas responsables de la fracture numérique, mais je commence à en avoir plein le cul et me comporte comme un gros con de touriste que je suis… Pour arranger le tout, je fonce droit sur un internaute qui marmonne dans son coin des propos à mon égard que je décode en parti, malgré l’utilisation de la langue locale. Le ton monte et voila ce dernier en train de critiquer tout en même temps, les blancs et leurs comportements colonialistes, l’ultra libéralisme, l’intervention au Mali, la saison des pluies qui arrive en avance, non je déconne…. Je lui répond sur le même ton, heureusement il n’y a quasiment personne dans le cyber, nous voila en train de parler politique debout, tout en essayant chacun d’avoir le dernier mot avant de s’apercevoir que l’on partage les mêmes idées…( Putain c’est con parfois deux êtres humains !)

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Dix minutes plus tard, on se retrouve tous devant la boutique à boire le thé et à refaire le monde, rituel qui se renouvellera tous les soirs vers 17h00, avant l’heure de la prière, de plus je bénéficierai d’un accès V-I-P à l’ordi du boss (bien plus rapide) me faisant haranguer plusieurs fois par jours, lors de mes nombreux passages à vélo devant l’établissement.
Jeune journaliste, suspendu un mois par sa rédaction pour avoir critiquer la politique du gouvernement, Aziz ne mâche pas ses mots, comme beaucoup d’africains de l’ouest étudiants, issus du milieu intellectuel ou artistique, leur perception de la France et des français, oscille entre une certaine admiration ou/et un profond ressentiment envers la France-Afrique et les politiques des instances internationales comme le F-M-I, la Banque mondiale et l’O M C…
Les interventions répétés de la France sur le continent Africain ne trompe plus personne, devant la perte de son hégémonie au profit de la chine, du canada ou des états unis, cette dernière tente tant bien que mal de redorer son blason afin de rameuter au plus vite ses investisseurs qui attendent un retour de la paix et de la stabilité dans toute la sous région, dont le Niger qui nous fournis trente % de l’uranium servant à faire tourner nos chères centrales nucléaires !

FESTIVAL QUINTESSENCE (Les 9/10/11/12/13 Janvier)

P1090892Comment résumer en quelques lignes cinq jours riches de rencontres, d’expériences et d’échanges…  Commençons peut être par un aperçu du cinéma africain, juste un chiffre : Il s’est produit en 47 ans environ 280 films dans toute l’Afrique francophone pour un bassin de population de plus de 200 millions d’habitants, c’est à quelque chose prés le nombre de films qui sort chaque année en France ! Comme partout, les salles de cinéma ferment les unes après les autres et le cinéma sur grand écran sera bientôt relégué dans les musés. Les jeunes générations d’ici regardent des films essentiellement sur leur ordinateur, la magie du grand écran disparait peu à peu, restes les festivals et peut être demain la possibilité via les nouveaux moyens technique de faire son propre cinéma en famille, dans le quartier, en assoc etc.…

Un peu par hasard, je participe aux différents ateliers : techniques de prises de vues, journalisme et cinéma, écriture de scénario etc.…

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 Le fait de me présenter ou d’être présenter comme le cycliste qui arrive à vélo, je suis très vite accepté par les étudiants , futurs acteurs, scénaristes, journalistes, béninois, Burkinabés, sénégalais et camerounais présents…
Je découvre aussi le cinéma africain à travers trois grands cinéastes qui  viennent présentés leur travail et disserter sur le cinéma : Moussa Touré (Sénégalais) dont j’apprécie particulièrement les documentaires dont un, « Los altrès » sur les rapports entre Maliens et catalans dans le sud de l’Espagne…
Un autre sénégalais, Moussa Séné Absa, un radical qui à tourné Yole, le sacrifice, après la découverte au large de la Barbade d’onze cadavres qui dérivaient depuis plus de quartes moi ! En filigrame, la lettre de l’un deux retrouvé dans l’embarcation et écrite juste avant de mourir…. La charge contre Abdala Wade, l’ancien président du Sénégal  qui a essayer de l’acheter, lui à valu trois ans d’exil. Puis je terminerai avec Mama Keita, un Guinéo/vietnamien qui partage son existence entre New York et Paris et à tourné le fleuve, un polard plutôt violent.

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On se retrouve à l’apéro pour partager une bière et l’ambiance, la taille du festival et sa convivialité pourrai à bien des égards rappeler celui de l’ile de Groix… Malheureusement beaucoup de disfonctionnement que j’attribue d’abord au contexte économique du pays et à un manque de moyens humains et matériel, ce qui est en partie vrai, seulement ce n’est pas la première édition mais la 11ème, et c’est toujours pareil, condition de projection pour les membres du jury et le public pitoyable, accueil des étudiants et des bénévoles quasi inexistant, certains d’entre eux n’hésitent pas à parler de détournement d’argent de la part de Jean Odoutan, l’Organisateur qui est aussi réalisateur… Sans aller jusque là, il faut bien avouer que cela fait un peu bricolage, pour finir, la petite bouffe qui devait avoir lieu après la soirée de clôture n’aura jamais lieu, dommage. Cela dit j’ai passé une semaine riche  pleine de rencontre, d’amitié et d’images qui me donnent envie de découvrir un peu plus le cinéma Africain…

OUIDA, VAUDOUISME ET COMMERCE D’ESCLAVES

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Après un siècle de silence, la ville de Ouidah et le Bénin ont commencé depuis le 18 janvier 1998 avec l’Unesco un travail de mémoire sur son passé sulfureux. En effet, avec Lagos, Ouidah était le second plus grand port de traite négrière de la baie du Bénin et sur les 11 millions d’être humains déportés, plusieurs millions sont passés par là. Ce sinistre commerce, commencé à la fin du XVII ème siècle à prospéré grâce au royaume très centralisé du Dahomey situé à 130 km plus au nord et dominé par l’hetnie Fon qui s’en allait par des guerres tribales alimenté en homme les occidentaux.
Les esclaves s’en allaient à pied rejoindrent Ouidah ou on les enfermait dans une case pour l’habitué aux cales des navires. La peur des blancs et l’instrumentalisation du vaudou à des fins purement mercantiles, poussaient certains esclaves à sauter par-dessus bord ou à se suicider de manière particulièrement atroce…  La route des esclaves et la porte du non retour, symbolisée par un monument érigé en 1998 retrace cette histoire et met en lumière le passé peux glorieux de cette charmante petite ville…

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Je ne vous parlerai pas du vaudou, reconnu comme une religion à part entière par le gouvernement et dont la fête nationale se situe le 10 janvier en même temps que le festival…  La majorité des touristes viennent assister à ses danses carnavalesques sans y comprendre grand-chose… Et pour cause, c’est une religion auréolée de mystère que l’on a trop longtemps cantonnée à son aspect obscur et à moins d’être initié… Certains l’assimilent à l’animisme, d’autres non, en tout les cas, elle est une composante à part entière du Syncrétisme religieux associé au catholicisme pour certains, à l’islam pour d’autre, voir aux évangélistes mormons etc.…

LA CHANCE NE PENETRE PAS LE DERRIERE DE CELUI QUI DORT… Ouaga Les 5-6 Janvier 2013

Mis à part son nom plutôt rigolo, et son festival de cinéma, (FESPACO) l’un des plus importants du continent Africain, la capitale du Burkina Faso ne représente pas un grand intérêt. Je loge à la mission catholique, accueilli par une sœur Colombienne avec une forte personnalité qui m’a à la bonne… Une cliente trouve que ma casquette me donne un petit air de révolutionnaire russe, ce qui n’est pas pour me déplaire, même si j’ai une petite pensé pour mes ancêtres russes blancs qui doivent se retourner dans leurs tombes ! Une jolie fille m’a dit que je ressemblais à Corto Maltesse, mais dans mes souvenirs, sa casquette était certes noire mais avec une visière blanche… Décidément cette casquette à le don de faire parler d’elle, pour la petite histoire, c’est bien une casquette de marin, qui ne vient pas de Bretagne mais des montagnes de Guinée Conakry, et j’aime à penser qu’elle à appartenu à un vieux marin débarqué au port de Conakry.

 

J'AI UNE BELLE CASQUETTE QUI ME TIENT CHAUD A LA TETE...

J’AI UNE BELLE CASQUETTE QUI ME TIENT CHAUD A LA TETE…

Après, comment cette dernière à finis dans les montagnes du Fouta, cela est une autre histoire qu’il reste à écrire, à défaut d’en connaitre un jour la véritable. Petite soirée reggae, mise à jour du blog, et visa pour le bénin que je dois rallier demain par le bus si je veux assister à un festival de cinéma qui doit se dérouler du 9 au 13 janvier.
Je sympathise aussi avec un curieux personnage que j’ai surnommé le philosophe du kiosque vert… C’est un petit homme bien mis de sa personne qui à quitté son travail de réceptionniste dans un grand hôtel de la capitale, pour retrouver sa liberté ! Sa passion ce sont les chevaux, un autre bienfait de la civilisation… Il faut voir l’effervescence en fin de matinée autour de sa minuscule gargote ou l’on ne trouve que du thé et du café au grand étonnement de certaines personnes du quartier qui feraient bien, comme il me l’explique de soccuper de ce qui les regarde. C’est un lieu ou se réunissent des amis d’origines et de professions diverses, un lieu ou se créer naturellement du lien social, des échanges de services, de savoir etc… L’homme du kiosque vert ne regarde pas la télé, il préfère le spectacle de la rue, il est musulman sans excès, fumeur invétéré qui ne crache pas sur une bonne bière. Je l’ai quitté ce matin à l’aube après avoir pour la énième fois refait le monde qui ne s’est encore aperçu de rien ! En rigolant il me propose de fumer un joint, dommage, il est encore un peu tôt, adieu l’ami….

RUEE VERS L’OR (Timbélé-Kolo Le 4 Janvier 2013)

Depuis le temps que je cherchais à savoir comment fonctionne tout ce système lié à l’orpaillage, je suis tombé en plein dedans, grace au petit jeune de l’hotel à qui je demandai si cela valait le coup de me taper 65 bornes aller retour à vélo, pour aller voir les fameuses maisons peintes de djembélé… Tu peux aussi aller voir les chercheurs d’or qui sont installés trois km aprés le village, cela va t’interresser…Arriver dans la matinée à Djembélé, je discute en buvant un café avec un guide plutot sympa qui m’explique toute l’historique de la maison royale, en fait quasiment le seul batiment décoré du bled… Ils utilisent le calcaire pour la couleur blanche, la latérite pour le rouge et le basalte pour le noir. Je le remercie pour toutes ces explications, lui promettant de revenir plus tard pour la visite, mais moi ce qui m’interesse c’est le métal jaune qui fait tourner les tètes. Ha tu viens pour l’or, c’est facile, tu n’à qu’a continuer tout droit aprés la maison royale, pendant trois ou quatres km et là tu vas tomber sur les gars qui creusent juste au bord de la route. Effectivement, vingt minutes plus tard, je rencontre une vingtaine de personnes, assis autour de puits creusés dans le sol. Les gars ont l’air crevés, certains les yeux injectés de sang du au mauvais alcool trafiqué qu’ils se sont envoyé la veille, néamoins un mec un peu plus locace que les autres accepte de discuter, me proposant meme de descendre dans le puit à l’aide d’une corde toute pourri. Un travail de cinglé, en me penchant au dessus de l’excavation, j’entend des martèlements d’outils, les trous d’une profondeur d’une dizaine de mètres, se poursuivent par des galeries pouvant atteindre la meme longueur voir plus, tout cela à l’aide d’outils dérisoires, ensuite il faut remonter les blocs dans des sacs que les femmes vont concasser sous le soleil à coup de marteau dans le village voisin… Enfin quand je dis village… Je décline l’invitation, pas vraiment envie de pratiquer l’alpinisme à l’envers et continue ma route sur les conseils du mineur pour tomber cinq cent mètres plus loin au détour d’un virage sur une ville qui oscille entre le bidonville et le camp de réfugiés ,  la poussière soulevée par l’harmattan, et le bruit des concaseurs accentue le coté dantesque du décor. Plusieurs milliers de personnes vivent là, dans d’anciennes cultures que cultivaient leur ancètres qui doivent se retourner dans leur tombe.

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Inutile de préciser que je passe difficilement inaperçu dans le paysage, j’ai beau siflotter un morceau du poète moustachu et prendre l’air détaché, je vois bien que l’on se demande se que peut bien venir foutre un touriste, blanc de surcroit dans un endroit pareil… heureusement un concasseur me hèle de loin et je vais rejoindre un des multiples micro atelier à broyer les cailloux, seconde étape de la chaine… Une heure plus tard, j’en ai fait tout le tour, en finissant par le lavage effectués par les gamins qui ne sont pas encore retournés en classe, pour ceux qui y vont, le coagulage au mercure, et l’achat par les négociants qui consentent quand je leur avoue que je n’ai jamais vu d’or pur, à me montrer quelques grammes…

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Raconter comme cela, cela a l’air plutot sympa, mais en fait il règne (qui plus est aprés les fètes) une misère noire (sans jeux de mots),  des centaines de gourbis en pailles construits à l’arrache et recouverts de baches noires, des maquis (bars) ou des gars picolent déjà malgré l’heure matinale, des gosses pouilleux et noirs de poussières qui jouent à imiter leur parent faisant tourner dans l’eau des écuelles en inoxe, et meme un marché sous les seuls manguiers du campement.
La matinée se termine en buvant une bière et j’ai du mal à quitter mon ‘guide’ qui veut absolument que je revienne avec un détecteur, (7000 euros) pour m’associer à son entreprise, non vraiment moi ce qui me brancherai c’est de monter sur la colline voisine et de filmer cela de la haut, enfin les premiers plans…